Sylvain Grisot, fondateur de dixit.net et auteur de plusieurs ouvrages sur l’urbanisme, partage sa vision de la redirection du système de production urbain, de la sobriété foncière et du rôle d’une politique foncière plus affirmée.
Cela fait près de 10 ans que Sylvain Grisot a créé son agence de conseil dixit.net. Auteur de 3 ouvrages, coordinateur du programme « Territoires pilotes de sobriété foncière », il a exploré plusieurs villes en France et à l’international. Un entretien sur les freins au changement de notre système de production urbain. Le frein majeur au changement Le frein fondamental est moins une question de financements, d’outils juridiques ou…
Cela fait près de 10 ans que Sylvain Grisot a créé son agence de conseil dixit.net. Auteur de 3 ouvrages, coordinateur du programme « Territoires pilotes de sobriété foncière », il a exploré plusieurs villes en France et à l’international. Un entretien sur les freins au changement de notre système de production urbain.
Le frein majeur au changement
Le frein fondamental est moins une question de financements, d’outils juridiques ou de compétences techniques, qu’une question de constat partagé : celui d’une impasse dans laquelle la fabrique de la ville est enferrée. On assiste à un triple effet : prise de conscience de notre fragilité post-pandémie, cadre réglementaire provocant avec le ZAN, et crise immobilière qui met au défi des pratiques établies.
La pédagogie du concret
La mise en récit est un moyen de prise de conscience, mais je crois surtout en la pédagogie du concret — c’est ce qu’on a fait avec Territoires pilotes de sobriété foncière : aller fouiller dans les espaces disponibles dans les territoires, réactiver des usages.
Pour une politique foncière plus affirmée
L’inflation des prix et l’étalement de la ville excluent certains usages : le logement social et abordable, les espaces verts, l’activité productive. Il apparaît de plus en plus que seule la propriété du sol permet de garantir la pérennité d’un usage face aux pressions du marché. On observe des ruptures importantes : Terres de liens, le travail du conseil départemental du 44 autour de Notre Dame des Landes…
Sur les espaces sans « usages »
Les tourbières, les zones humides doivent être considérées comme essentielles pour des besoins collectifs — comme une école. On s’est toujours collectivement assis sur des considérations financières pour des usages qu’on considère essentiels. La loi sur la compensation écologique a déjà généré des valeurs sur ces espaces.
La ville qu’on est obligé de faire est la ville qu’on voudrait habiter
Les transitions nécessaires — préserver les sols, réduire l’artificialisation — sont toutes positives pour les gens : une ville de la proximité, avec plus de nature, plus équilibrée, sans spéculation sur le prix du foncier. C’est la ville qu’on voudrait déjà habiter.
Entretien réalisé par l’Institut de la Transition Foncière.