Résumé
La plupart des catastrophes naturelles accentuées par le réchauffement climatique — inondations, sécheresses, retrait-gonflement des argiles — sont liées aux sols et à la manière dont ils sont traités par l’Homme. Adopter une politique de prévention par la préservation des sols à grande échelle est indispensable pour assurer notre adaptation au changement climatique à un coût financier et démocratique acceptable.
- 19 millions de Français concernés par le risque inondation
- 10 millions de maisons menacées par le retrait-gonflement des argiles
- 10 Md€ de dépenses assurantielles liées aux catastrophes climatiques en 2022
- 1,2 Md€ de déficit annuel de la Caisse Centrale de Réassurance
- +67 % de la surprime CatNat au 1er janvier 2025 (de 12 à 20 %)
Les sols au cœur des risques climatiques
Les inondations représentent plus de 50 % des sinistres et leurs impacts sont largement aggravés par l’ampleur de l’artificialisation des sols. Alors qu’1 m³ de sol peut contenir jusqu’à 300 L d’eau, les sols artificialisés empêchent l’infiltration et génèrent des phénomènes de ruissellement. De même, les sols fonctionnels permettent de lutter contre les îlots de chaleur urbains et contribuent au maintien de températures viables.
Des coûts en augmentation exponentielle
Entre 2016 et 2020, 5 sécheresses ont occasionné des dommages annuels estimés entre 800 millions et 1,6 Md€ pour les seuls biens assurés. Ces chiffres pourraient encore augmenter jusqu’à 20 % à horizon 2050. Pour combler ce déficit, la surprime CatNat a été augmentée au 1er janvier 2025 de 12 à 20 %, mais cette augmentation ne saurait suffire.
Une prévention insuffisante
Seules 35 % des communes sont actuellement couvertes par un Plan de prévention des risques naturels (PPRN). Le budget du Fonds Barnier (200 M€) s’avère faible au regard des 6 Md€ de dépenses annuelles en assurance des biens. De plus, ce fonds finance essentiellement des investissements « gris » au détriment des solutions fondées sur la nature.
Conclusion : ménager les sols à grande échelle
Aborder l’adaptation au changement climatique par le biais des sols permet d’envisager à la fois un grand nombre de risques et d’assurer la résilience des territoires. Les sols n’ont pas encore de pleine reconnaissance de leur rôle en France. Plusieurs institutions réclament une politique nationale des sols, notamment à la faveur de l’adaptation au changement climatique.
Cet article a été rédigé par Margot Holvoet, Déléguée générale de l’Institut de la Transition foncière, pour les Cahiers Lysias.