Entre 2009 et 2023, plus d’un cinquième des communes françaises ont perdu des ménages tout en consommant du foncier, et plus de 10 % des EPCI ont simultanément perdu emplois et habitants malgré leur artificialisation. Le développement local ne dépend pas forcément de l’artificialisation, mais de la capacité des territoires à valoriser leurs ressources existantes.
Entre 2009 et 2023, plus d’un cinquième des communes françaises ont perdu des ménages tout en consommant du foncier. Plus de 10 % des EPCI ont simultanément perdu emplois et habitants malgré leur artificialisation. À l’inverse, 54 % des communes n’ayant pas consommé de foncier entre 2009 et 2024 ont pourtant gagné des habitants ou des emplois. Chiffres clés 7 820 communes (plus d’un cinquième) ont perdu des ménages tout…
Entre 2009 et 2023, plus d’un cinquième des communes françaises ont perdu des ménages tout en consommant du foncier. Plus de 10 % des EPCI ont simultanément perdu emplois et habitants malgré leur artificialisation. À l’inverse, 54 % des communes n’ayant pas consommé de foncier entre 2009 et 2024 ont pourtant gagné des habitants ou des emplois.
Chiffres clés
7 820 communes (plus d’un cinquième) ont perdu des ménages tout en consommant de l’espace entre 2009 et 2023
10 % des EPCI ont perdu à la fois des ménages et des emplois malgré leur artificialisation (2015-2021)
26 % des EPCI présentent une faible efficacité de leur consommation d’espaces
54 % des communes sans artificialisation ont néanmoins gagné des habitants ou des emplois
Dans 70 % des EPCI, l’augmentation de la population est inférieure au nombre de logements vacants
131 000 ha consommés pour le logement dans ces EPCI auraient pu être évités avec une politique de réhabilitation des logements vacants
1. L’artificialisation mène à des niveaux variables de développement local
La plupart des communes de France ont consommé des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) sur la période 2009-2023. Toutefois, cette consommation d’espaces n’est pas gage de développement au sens d’un gain net de ménages ou d’emplois.
La consommation d’espaces à vocation résidentielle est fortement corrélée à la dynamique démographique du territoire (66 %). En revanche, la consommation d’espaces à vocation non résidentielle ne semble pas corrélée à la dynamique démographique ou à la création d’emplois.
2. Le développement local est possible sans artificialisation des sols
Entre 2009 et 2024, 435 communes n’ont pas artificialisé leurs sols (1,2 % des communes françaises). Parmi elles, 54 % ont gagné des habitants et/ou des emplois. Ces trajectoires reposent sur d’autres modèles de développement, mobilisant le bâti existant.
Dans 70 % des EPCI, l’augmentation de la population entre 2010 et 2024 est inférieure au nombre de logements vacants. Ces EPCI ont pourtant consommé plus de 131 000 hectares à destination du logement ces 15 dernières années.
3. Le développement local est à aller chercher dans d’autres facteurs
Il est urgent d’évoluer vers un modèle de développement fondé non sur la consommation d’espace, mais sur l’attractivité et la résilience par l’amélioration de la fonctionnalité écologique du territoire. Les métropoles doivent être les cheffes de file de la sobriété foncière, car c’est là qu’elle sera la plus facile à atteindre.